Textes des ateliers d’écriture

QUELQUES TEXTES DES ATELIERS SONT ICI PRESENTES,
AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE LEUR AUTEUR,
MERCI A CHACUNE ET CHACUN

LE SITE EST EN COURS DE REACTUALISATION
DE NOMBREUX TEXTES RECENTS N’APPARAISSENT PAS
QUELQUES JOURS DE PATIENCE POUR LES DERNIERES NOUVELLES

Voix off : Une année sidérale vous est offerte.
A – Chouette, une année complète pour faire ce qu’on veut.
B – Oui, mais pas n’importe quelle année, c’est une année sidérale ! et donc elle commencera et elle finira quand le soleil, la Terre et Sirius seront alignés.
A – Et la Lune ? t’en fais quoi de la Lune ?
B – j’en fais rien, sinon ce serait une année sélénique !
A – Sélénique toi-même ! Je demande à mossieur ce qu’il fait avec la Lune et voici sa réponse. Bravo !
B – Bon sélénique, c’est en rapport avec la Lune, je crois, et la Lune n’intervient pas dans l’année sidérale. Mais t’en fais quoi de l’année offerte, toi ?
A – Ben, je veux pas la perdre cette année. Attends que je réfléchisse. Ben je vais prendre une année sabbatique.
B – Tu te moques de moi ?
A – Mais non, je vais prendre cette année pour ne rien faire, comme pendant le sabbat !
B – Tu ne pourras même pas allumer la lumière, ni prendre l’ascenseur, ni …avec madame ?
A – Idiot, c’est une expression. Ça veut dire que je n’aurais pas besoin de travailler. Je pourrais faire ce que je veux, bronzer au soleil, nager, aller voir les copains, apprendre la guitare, écrire un livre, etc. J’aurais du temps pour moi au lieu de le donner à mon patron. Merci à celui ou à celle qui me l’a donnée.
B – Ouais, c’est pas mal ! et après, tu feras quoi ? Tu retourneras au boulot, pour ton patron ?
A – t’es fou ! Je prendrais ma retraite !
FRANÇOIS

Je vous souhaite du temps pour réfléchir et méditer, pour ne rien faire et pour faire ce qu’il vous plait.
Je vous souhaite du temps pour observer le cycle de la nature qui se répète d’une année sur l’autre comme si rien n’avait changé.
Je vous souhaite du temps pour observer ce qui change d’une année sur l’autre, pour voir vos enfants grandir.
Je vous souhaite du temps pour chercher vos origines dans l’étude des étoiles, dans les signes laissés par nos anciens avant qu’ils disparaissent.
Je vous souhaite du temps avec vos parents avant qu’ils ne vieillissent pour rire et pleurer en vous rappelant vos souvenirs merveilleux d’enfants insouciants, libres de faire des bétises avant l’âge de raison.
Je vous souhaite du temps pour partir à la découverte du monde, à pied, à cheval ou en bateau à voile, pour visiter Syracuse, voir les tombeaux Aztèques et connaitre les chamans amérindiens.
Je vous souhaite du temps pour partir à la découverte de vous-même, dans un voyage médullaire qui vous emmènera au bout de vos pensées les plus profondes.
FRANÇOIS

Janvier

  • 2.0.1.6 un matricule qui restera gravé dans les mémoires. Non de ceux que l’on oublie, ni de ceux que la souffrance a tatoué mais celui qui sonne juste, qui invente une mélodie sur la partition. Non celui du 0 qui, couché à côté de son jumeau, invente l’infini mais celui qui marque une page dont on se souvient parce qu’elle a su trouver les mots que nous avions cru oubliés et qui résonnent longtemps. 2016 comme un souffle, un sourire, un vent nouveau
    ANNE-MARIE
  • Deux mains. Deux bras. Deux pieds. Deux jambes. beaucoup de choses marchent par deux et pas seulement dans notre corps.
    Notre corps, on n’en a qu’un, et qu’une tête aussi et un seul cerveau. Mais le six n’est pas bien représenté, sauf chez certains insectes qui ont six pattes.
    Le zéro dans tout ça est passé à l’as comme on dit, car là on revient au néant.
    Tous ces chiffres, par contre, nous font 2016. Et là, on arrive aux bons voeux de début d’année. Que peut-on souhaiter ? une bonne santé bien sûr, c’est primordial et pour le reste, passer cette année le mieux possible.
    Car bien sûr, on ne peut que souhaiter le bonheur de ceux qu’on aime et formuler bons nombres de voeux qui ne se réaliseront sans doute pas, mais ……. l’espoir fait vivre.
    Souhaitons que 2016 soit un peu meilleure que 2015, ce serait déjà bien et vous qui lirez cette page, je vous la souhaite bonne, heureuse et pleine de gaieté.
    MONIQUE

 

  • Deux pour partager, faire la paire, vivre ensemble, chanter en duo, deux mains pour jouer du piano, pour donner la réplique, recevoir. Deux pour la courte échelle, pour rire, pour dialoguer, écrire, parler, goûter et vivre.
    Zéro, c’est nul, c’est rien ! C’est rond et pas drôle. Zéro, dit la maîtresse, zéro pointé. Même si c’est un z’héros, ce n’est pas engageant. En partant de zéro, on arrive à rien, mais tout seul. Zéro faute, alors là je suis bon. La faute à qui ?? (pas à l’abbé Mouret). Bref, être zéro n’est pas un gage d’avenir. Et pourtant, il y a du chemin à faire pour aller du zéro à l’infini ; donc un peu d’espoir. Le zéro total n’existe pas.
    Un pour tous, tous pour lui. Un jour tu verras … Un matin au soleil levant… L’espoir renaît. Un point c’est tout.
    Six heures du matin, debout ! Six mois, la moitié d’une année. Six oeufs pour faire une omelette. Six kilomètres cela fait six mille mètres et mal aux pieds.
    Six fois deux, c’est plus petit que six fois quatre et six fois beaucoup, cela fait énormément.
    Deux et zéro se lient avec un et six : cela fait une sacrée devinette. Pour ceux qui n’auraient pas trouvé, c’est l’occasion de leur souhaiter une bonne année 2016.
    DANIEL
  • 2-0-1-6

2-0 : c’était le score du match aller !

Une cata ! nos joueurs n’avaient pas réussi à mettre un seul ballon dans les buts adverses. Il est vrai que leur gardien est terrible. On me dirait qu’il fait peur au ballon, je le croirais. Aussi, je suis parti de chez moi sans espoir. L’équipe avait le moral dans les chaussettes, on avait perdu à domicile en plus.

En montant dans la voiture, ma copine m’a embrassé comme d’habitude, et puis elle m’a dit : « N’oublie pas, 2016 : 2-0 … 1-6. Vous allez les battre 6 à 1. Tu vas voir ! »

Bon, c’était pour me remonter le moral, et ça l’a fait …

Dans le car qui nous menait vers le stade, je l’ai répété à toute l’équipe : « 2016 : 2-0 … 1-6 »

Dans les vestiaires, on mettait les maillots : « 2016 : : 2-0 … 1-6 ».

Quand on a vu le même gardien en face de nous, le moral est retombé aussi vite qu’il était monté. Mais on y a cru, on s’est bagarré, on avait le ballon quasi accroché aux chaussures. Mais à la mi-temps : 0-0. La cata !

Dans les vestiaires, on a crié à nouveau « 2016 : 2-0 … 1-6 ». On est reparti comme des diables. A la fin du match, on avait marqué 1 but, les autres … 6 !

2-0 … 1-6 : il faut savoir décoder parfois.
FRANÇOIS

 

  • « Deux zéros, un six »
    Deux zéros sont sur un mur de 6 mètres, un zéro tombe de zéro mètre, combien reste-t-il de zéro ? FRANÇOISE

« Deux zéros, un six »

Pour le nouvel an, présentement, ça ne semble pas correspondre.
Pour un sculpteur inspiré, y’aurait peut-être matière à figurer un vélo-monté.
Un animateur affûté de jeux télévisés, ne manquerait pas de rappeler, qu’outre les zéros cerclés et le six spiralé, cette injonction à écrire comporte aussi l’ordre binaire incitant à prendre appui pour avancer : un-deux-un-deux-un…
Et voilà que le nouvel an s’en vient, non comme un bicycle, quoique bisextile, mais carrément aligné, dans l’ordre annoncé : 2, 0, 1, 6…
Qu’un esprit lutin s’en mêle, et « voilà l’addition m’sieurs dames » : ça fait 9 !
Avec du neuf ça repart, tel l’oiseau perçant son œuf pour naître, renouvelé, naturellement enclin à s’agiter, se dandiner, explorer, avancer, plus ou moins équilibré… au-delà de Pâques, sinon pour l’éternité, au moins jusqu’au prochain Noël, et un peu plus.. Et ça repart ! Jean qui rit, Jean qui vit… Jean d’été, Jean d’hiver : en toutes saisons, 2 billes rondes éclairant la voie, aimantée par un index donnant le « la ».
Le six sonne-t-il comme un « la » ? Un-six fait-il le « Nord »‘ ou « l’Orient » ?
Deux-zéro pour un vélo, ou pour un « do » ?… Dodo !
JEAN-PIERRE

 

Un trésor ?

Il est fugace et ne s’expose que rarement longuement. Il peut être sonore ou silencieux mais tous les regards convergent vers lui quand il est là. Il n’a pas d’horaires précis. Il se déguste comme une douceur que l’on hésite à dévorer de peur qu’elle ne disparaisse. Toujours nous l’appelons de nos vœux car il fait tant de bien. Il ne connait ni lieu, ni espace, ni continent. Il est partout chez lui et bienvenu.

Qui suis-je ? Le rire
ANNE-MARIE

Décembre 2015

Être Rock ‘n Roll

Être Rock ‘n Roll c’est vivre à 300 à l’heure, mais sans perdre le tempo. C’est battre la mesure en harmonie avec le ronronnement d’un feu de bois et plaquer des paroles froide comme de la glace sur cette musique. Le temps ne fait rien à l’affaire, on se sent toujours prêt à danser, à sauter, à se trémousser pour montrer qu’on est vivant, mais sans perdre le tempo !

Quand on est Rock ‘n Roll, c’est pour la vie, c’est pour la mort … On attend la grande faucheuse pour danser le dernier rock … et rouler avec elle dans l’éternité.
FRANÇOIS

 

Être une grande plage. Être cet infini dans le détail d’un grain de sable, arc en ciel sous le soleil. Être un temps de repos, de respiration quand la mer gronde toute proche au gré de ses humeurs. Être une transition entre terre et mer, entre deux mondes que les saisons ne sauraient dissoudre. Être ces pas que le chagrin efface et qui s’envolent dans le vent. Être en paix dans cet entre-deux.
ANNE-MARIE

 

Mai 2015
Les p’tits bonheurs en résonnance avec le projet de Magda :

Une forêt de p’tits bonheurs : http://lesamisdemagda.fr/blog

« Juste après sa libération des camps de la mort, en avril 1945, Magda Hollander Lafon, 17 ans, seule au monde et au bord du gouffre, a retrouvé le chemin de la vie grâce à un sourire d’une personne rencontrée à un carrefour. Ce petit rien, ce « p’tit bonheur » l’a remise en selle.
Soixante-dix ans après sa libération, les 4, 5, 6 mai, place de la Mairie, à Rennes, Magda et ses amis de l’association Vivre en paix ensemble organisent une exposition singulière : Une forêt de p’tits bonheurs. Les passants seront invités à écrire et à accrocher dans 40 arbres factices des textes partageant « ces petits riens du quotidien, qui font le sel de la vie et aident à résister au pessimisme ».
En amitié avec cette démarche, les ateliers d’écriture de l’association Talitha Koum en Pays des Vallons de Vilaine, Redon et Rennes, se sont fait l’écho de ce projet. Chacune et chacun a évoqué ses p’tits bonheurs.

 

Atelier GEM Oxygène de Redon

Pour CATHERINE :

la chaleur du soleil sur la peau
le sourire d’une amie
un bon film
un gâteau
me sentir libre
les couleurs et les bruits de la nature
le bord de mer
l’odeur de la pluie d’été

Pour GABRIEL :

évoluer, grandir, se sentir bien, s’aimer, de bonne humeur, prendre le soleil, les sourires, les vacances, se détendre, être bien dans sa peau…

Pour NINA :

écouter une bonne musique que j’aime
semer et planter des fleurs avec le chant incroyable des oiseaux
me prendre des rafales de vent dans la tête
cafés clopes le matin
marcher pieds nus

Pour CHRISTELLE :

un bouquet de fleurs en bonbons
pouvoir aller au cheval
pouvoir faire des choses toute seule
se promener en fauteuil électrique
rester bronzer sur l’herbe

Pour RENE :

le soleil qui luit
les oiseaux qui pépient
les fleurs aux couleurs et parfums variés
Se promener au bord de l’eau

Pour DANIELLE :

* le p’tit déj
* mettre le CD musical de mon choix
*écouter les oiseaux
* regarder les bourgeons et les fleurs s’épanouir
* marcher tranquillement

 

Atelier d’écriture de Redon :

Bonheur !
Le chant du rouge-gorge ! une surprise ! Il m’accueille !
-« Bien sûr ! Tu es là ! Bonjour mon joyeux compagnon ».
Je souris.
Tout mon corps est écoute, dialogue !
Mes lèvres tendues esquissent un souffle, s’organisent pour siffler les quelques notes que je connais… Impuissantes, aucun son…
L’oiseau quitte sa branche et saute sur la terre remuée… Il picore ici et là… chante encore…
-« Je sais moi aussi je suis heureuse d’être là, te voir et comprendre … c’est chez nous… ! » Je lui parle. Il n’y a plus d’échec, mais un intense moment de bonheur.

MARIE

Une poudre de fée s’est déposée sur mes mains, les jolis rêves chantent des étés indiens.
Apprend à écrire tes blessures dans le sable et à graver tes joies dans la pierre.
Parfois, la vie est faite de gifles et de lilas, tels les nuages qui se chamaillent dans le ciel avec le soleil.
Voici l’aube qui perce, une voix effleure tes paupières ; habille-toi de ce monde et vois ce que tu peux faire avec le temps.

FRANÇOISE

 

Atelier de Rennes

Pour MARIE-CHRISTINE :

Comme c’est difficile d’écrire sur les petits riens, les petits bonheurs, tant je me sens nantie, épargnée, protégée ; la guerre, je n’ai pas connu et poutant les petits riens j’en palpe chaque jour : un rayon lumineux traversant la pièce où je suis ou l’émerveillement de mon petit fils Léo qui découvre un escargot, il sautille, se fait même peur dès que cette petite bête sort ses cornes, il peut rester là à regarder attendre sans se soucier que nous avons continué notre chemin. En pensant à mes petits enfants, les petits riens ou presque rien plein de bonheur reviennent à flot, un mot, un exploit, tenir pour la première fois sur son vélo sans petites roues « c’est le plus beau jour de ma  vie » dit-elle, Calie le jour de ses 5 ans. Tenir un enfant par la main et regarder, marcher être là avec lui, rêver, ne rien attendre.

Pour ANNE :

– sortir de la maison et entrer dans la forêt jusqu’au grand chêne et là m’asseoir et regarder la lumière
– pousser un soupir
– regarder les sourires de nos filles, leurs yeux, leurs mouvements
– sentir un parfum doux et sensuel
– m’installer dans un fauteuil et lire, peinarde
– rester sous ma couette même si le réveil a déjà sonné
– mettre l’eau de la douche bien chaude et refaire le monde
– savoir que dehors il fait froid, mettre bonnets gants et écharpes et bien emmitouflée aller marcher gaillardement.

Pour FRANCOIS :

Isabelle, j’avais quitté
Pour aller naviguer,
Et ma vie gagner
Parce que le travail j’n’en avais point.
A midi pour m’reposer,
Au soleil j’me baignais.
Les yeux j’avais fermé
Et je n’pensais à rien du tout du tout.
Et pis, au milieu d’ tout ça,
D’ la mer, d’ ma sieste, du bruit des moteurs, etcétéra,
Le silence se fit, une lumière bizarre vint,
Et je vis mon père et ma tante,
Côte à côte, enlacés, émouvants.
Ils me dirent « Tout ira bien, ne t’inquiète pas. »
Ou quèque chose comme ça.
Et ils disparurent comme ils étaient venus.
Je me réveillais, ébloui de cette vision extraordinaire.
Puis je me souvins qu’ils étaient morts tous les deux
Je compris qu’ils étaient revenus pour me réconforter
A un moment où la vie me paraissait bien dure.
Depuis, quand j’ai un coup de blues,
Je pense à eux. Cela me suffit.

Ateliers de Saint-Senoux

Pour JEAN-PIERRE :

– Prendre du temps, le partager, se laisser inspirer -de concert- en atelier d’écriture.
– Laisser des mélodies improvisées me traverser et remplir la voiture qui me conduit, solitaire, à mon RDV.
-Un carré de chocolat naturel 80% de cacao… ah, il ne m’en reste déjà presque plus le souvenir, alors encore un autre!
– Fermer les yeux, promener mon attention en ressentis.
– Prendre le temps de partager du temps avec chacun de mes vieux parents.
– Inspirer – pirer – Expirer !
– Sourire, complice, avec d’autres.
– Chanter en chœur.
– Participer à des actions collectives.
– Découvrir des trésors de traditions populaires.
– Me laisser émerveiller d’entendre exprimer, autrement qu’à ma façon, un conte connu, dit par quelqu’un d’autre.

Textes 2014 -2015 :

7 février : il était une fois une rencontre

« 7 une fois », comme dirait infailliblement un vrai Belge, même après 7 x 7 ans ici résidant.
Il était… peut-être.
Il est, ici, maintenant, assurément.
C’est comme ça : y’a des rêves qui font toc toc dans l’imaginaire d’habitants de la Terre.
Y’a des rêves que des habitants se mettent à aimer, à cultiver, à partager et mûrir, parfois border-line délire…
Et « il était une fois » se concrétise un « 7, une fois ! »
Y’avait déjà eu des antécédents, y’aura probablement des redoublements, mais ces autres fois, pas sûr qu’on pourra, vraiment, les qualifier, singulier-présent, de « 7, une fois ! »
Et voilà que ce petit mois de février s’aventure sur la magie du nombre 7, pour une rencontre, porteuse de rêves en partage. Voilà que se donnent à entendre des mots sans mal, peut-être aussi des mots sur des maux. En tout cas, même non pris en compte par la Sécu, des mots, ça aide vraiment à vivre plus beau.
Une rencontre avec des mots pour tisser des liens, des mots pour faire comme du cinéma presque immatériel, des mots banals, à la fois c’est génial.
Des mots, pas du blabla.
Quand le cœur parle, c’est la respiration inspirée qui explose en gerbes illuminées.
Bientôt, c’est sûr, on devra dire qu’il était une fois une rencontre. Bientôt aussi, probablement, on dira : c’est quand la prochaine fois ?… une fois !
JEAN-PIERRE

Le grimoire rouge était ouvert

Le grimoire rouge était ouvert. La bougie luminait. Les bois tout autour les observaient. L’alcôve phosphorait, peu d’humains le savaient. Le jardin, le hameau, les environs n’en laissaient rien paraître à qui l’ignorait. Ici, point d’hologramme, point de capteur d’effet kirlian.
La fée du lieu, profitant des quelques instants sans présence humaine, animait son capteur de rêve, version créateur d’immanences.
Les bois de l’alcôve, complices, resserraient leurs flancs pour éviter toute fuite de magie vers de mauvais esprits, et se tenaient prêts à bruiter-craquer à la moindre alerte.
La bougie, généreuse et confiante en ces circonstances propices, fondait en généreuse lumière créatrice pour sa fée bien aimée.
Le grimoire, enivré de ces brillances, tellement ému, tout ouvert aux mystères, mutait ; insensiblement il passait du rouge au vert, oui, cette fois encore il vivait l’extase si rare, et trop souvent fugace : le grimoire rouge était tout vert ! Vert d’enfer. Vert de gris. Verre pas laid. Vert t’y go ! Vert épanoui. Vert réjoui, vert qui jouit… vers, vers… vers où vais-je ? L’ivresse me perd…
Voilà que les bois craquent, ça sent l’humain qui vient, ayons l’air de rien, rien qu’un grimoir rouge, pas vert, ouvert, une bougie l’éclairant, sans féerie.
Apparences, car, pourtant, je le sais : la fée rit !
JEAN-PIERRE

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